L’Asse et son affluent, l’Estoublaïsse
L’Asse, rivière «vivante», libre et sauvage, est issue du rassemblement des eaux des Asses de Moriez, de Tartonne et de Blieux. Après avoir creusé, voici des millions d’années, un passage dans le calcaire jurassique à 555 m. d’altitude, aux clues de Chabrières, elle se dirige vers le sud-ouest, elle entaille les formations de poudingue à galets du plateau de Valensole et forme une large vallée que ses eaux irriguent tout au long de l’année.
Au centre du dernier tronçon de son cours, de 35 km avant son confluent avec la Durance, l’Asse reçoit les eaux fraîches de l’Estoublaïsse, qui prend sa source au pied du Mont Chiran, à 1425 m d’altitude. L’Estoublaïsse et l’Asse, sont alimentées par les eaux saisonnières de nombreux torrents et de cascades tumultueuses, qui dévalent les pentes abruptes des massifs du Chiran et de La Trappe, à l’Est de la vallée.
De tout temps, les populations de la vallée ont essayé de contenir les eaux torrentielles de ces rivières pour se protéger des inondations et des désastres qu’elles ont causé aux cultures, aux habitations et voies de communication. On disait de l’Asse, "bien fou qui la passe…". L’Estoublaïsse est sortie de son lit en 1994, causant des dégâts dans le bas du village d’Estoublon.
À partir du 19e siècle, des aménagements conséquents vont transformer le profil de la vallée. Les berges des rivières et des torrents sont renforcées. Des digues sécurisent les zones habitées. Des levées protégent les terres agricoles riches en alluvions et désormais irriguées par des canaux. De nouvelles voies de communication sont tracées en bordure de l’Asse et de l’Estoublaïsse sur lesquelles sont lancés des ponts. L’habitat se développe le long de la route D907.
Les lits mineurs peu profonds de l’Asse et de l’Estoublaïsse forment d’amples méandres qui évoluent au fil des crues, contournent galets et végétaux et forment des iscles. La ripisylve verdoyante des berges est composée de saules blancs et d’osiers, de peupliers, de frênes, d’aulnes et de roseaux nourris par les alluvions et les résidus d’engrais provenant des champs riverains. On y observe divers oiseaux, parmi lesquels des aigrettes, des hérons cendrés, de rares martins-pêcheurs. À noter, la présence récente de nichées de castors.
L’Asse et l’Estoublaïsse sont des rivières protégées (présence du poisson Apron), classées en 1ère catégorie et inscrites au programme européen Natura 2000. Leurs berges, leurs levées et leurs lits, hors période de crue, sont en toutes saisons, des lieux privilégiés de promenades et de randonnées. S’offrent au regard leurs cours en larges tresses, leurs eaux aux couleurs changeantes sur les lits de galets, recherchés pour leurs formes et couleurs. Ces galets proviennent de l’érosion des montagnes et du « poudingue » du plateau de Valensole. Ces promenades le long des lits majeurs et mineurs des rivières sont aussi l’occasion de découvrir de magnifiques panoramas sur les villages perchés, les oliveraies des collines et les montagnes aux alentours. En été, on peut y pratiquer des baignades familiales. |